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Me voilà partie pour l’Iran. Mais avant cela, il a fallu que je me procure une tenue correcte, le mini short et débardeur n’étant pas charia compliant, étonnamment. Je ne vous raconte pas la mission pour trouver quelque chose qui soit digne d’être porté. Il semble que toutes les boutiques se livrent une véritable bataille du moche, exhibant sans complexe pantalons dont l’entrejambe se situe au niveau des chevilles et autres tuniques bariolées à paillettes. Bref, j’étais à deux doigts de me résigner à sauter l’Iran quand j’ai finalement trouvé de quoi m’habiller sans avoir envie de me cacher sous une burqa. Je m’en sors avec un genre de sarouel noir (pas pu y échapper) et une chemise d’homme en coton bio. Manque plus que le diabolo et je donne des cours au cirque.

Bref, mon nouveau look de manouche et moi-même sommes donc partis de Cappadoce mardi midi, direction Trabzon pour demander mon visa. Que j’ai obtenu en une heure avec une facilité déconcertante, limite déçue qu’ils ne m’aient même posé aucune question sur mon visa américain. En guise de récompense et pour compléter l’attirail, je me suis offert un joli voile noir très seyant, avant d’entamer la seconde partie de mon périple, le passage de la frontière. Après une deuxième nuit de bus, j’arrive à 5h à Dogubeyerzit, ville turque qui en est la plus proche, malheureusement pas réputée pour être un îlot de tranquillité. Le ministère des affaires étrangères la place en zone rouge, ce qui me paraît être une sage décision. Bref, je n'entrerai pas dans les détails, toujours est-il que je me suis déjà sentie plus en sécurité.

Heureusement, le reste s'est fait sans encombre, arrivée vendredi matin à Ispahan après une troisième nuit de bus, et ravie d'y être enfin. Une très belle ville, de magnifiques mosquées, et surtout, pas un touriste occidental (j'exagère, en cherchant bien, on en croise 10). Par conséquent, les iraniens sont très contents de me voir (aussi parce que c'est moi, faut pas se leurrer), lançant des "hello !" sympathiques à tout bout de champ. Deux jours en Iran suffisent à se demander pour quelle raison au juste les occidentaux que nous sommes rechignent à s'y rendre. Quel gâchis quand on voit le potentiel touristique énorme de ce pays, et l'hospitalité de ses habitants. N'hésitez pas à y prévoir vos prochaines vacances, ça changera du camping de Palavas-les-Flots.

En ce moment à Yazd, l'une des plus anciennes villes du monde (pas moi qui l'ai inventé mais l'Unesco), qui se trouve au bord du désert. Failli attraper un rhume du coup, mais fort heureusement, mon voile m'a sauvée. Ce même voile que j'apprivoise de jour en jour (pas vraiment le choix), et que nombre de jeunes iraniennes semblent porter plus par obligation que réelle conviction, parvenant subtilement à laisser dépasser la moitié de leur chevelure. La révolution approche ! Et si j'ai la chance d'y assister, je serais ravie de me faire votre envoyée spéciale.

Tu vois maman, je te l'avais dit, tout va bien.