Et pourtant, j'ai bien failli ne pas y arriver. 30 Janvier aéroport de Calcutta, au guichet Air Asia après avoir tendu mon passeport : "Mademoiselle, pardonnez-moi mais où est votre visa indien ?" (elle parlait fort bien français...) - "Sous vos yeux, Michelle" - "Je regrette mais celui-ci est expiré depuis 5 jours !"

Frayeur. La préposée au check-in sait maintenant précisément à quoi ressemble une tête qui se décompose. "Comment ? Pardon ? Expiré ? C'est à dire ?" Oui, j'ai bien entendu, il se trouve que je suis restée plus longtemps que prévu en Inde sans même penser à vérifier la date d'expiration de ce foutu visa. "Peut-être même la championne du monde...". On me dit donc que je dois retourner en ville pour régulariser ma situation, donc adieu mon billet. Dieu merci, les quelques cours de théâtre que j'ai pris à 14 ans sont vite remontés à la surface et après avoir successivement exprimé avec brio étonnement, peur, tristesse et supplication, le "we can't do anything for you" s'est transformé en "let's ask the immigration office". Love India. 45 minutes et une petite amende plus tard, je monte dans l'avion où tout le monde m'attend sagement. J'enclenche le mode star et remonte la rangée avec mes lunettes de soleil vissées sur le nez. Inutile de préciser que le sac Quechua et les Birkenstock ont quelque peu fait foirer la ruse. Bref, je m'assieds avec l'impression satisfaisante d'avoir échappé in extremis à une course-poursuite avec la police, façon Argo.

Bangkok. La densité du trafic me permettra de profiter du bus pendant deux longues heures avant d'atteindre Khao San Road, la rue où se trouvent tous les hôtels cheap, et donc TOUS les touristes. Je la parcours en cherchant désespérément des têtes de locaux parmi cette nuée de visages pâles rougis par le soleil, beuglant en terrasses, une pinte dans chaque main. Au secours. Une nuit suffira à satisfaire ma curiosité, d'autant qu'on m'attend à 700km de là.

Koh Lanta, petite île fort plaisante au sud-ouest du pays, que je n'ai nul besoin de présenter, Denis Brogniard l'ayant déjà assez fait. Non, je n'y vais pas pour participer au jeu de télé-réalité, trop facile, mais bien pour travailler. En personne responsable, je commence à préparer mon retour en France en m'habituant à me lever tous les matins à 7h pour aller "travailler". Ne nous leurrons pas, la reprise se fait en douceur et dans un cadre autrement plus sympathique que le métro parisien. Je me retrouve ainsi avec 4 autres volontaires d'horizons différents dans ce petit paradis géré par une hollandaise et un thaï, où tout est fait de façon écolo. Nous aidons le matin à la construction de maisons en bambou, gadoue et autres matières naturelles, marchons pieds nus, cuisinons au feu (merci à mes années de scoutisme de m'avoir évité d'être ridicule), faisons la vaisselle à la cendre et prenons nos douches à ciel ouvert. Bref, la case "devenir une hippie en voyage" n'est pas encore cochée mais on en est pas loin.

L'après-midi étant libre, j'en profite pour rejoindre la plage de sable fin à laquelle Berq-sur-mer n'a (presque) rien à envier. Pour aller plus vite, je coupe à travers jungle, me bats avec quelques serpents, expulse deux-trois dragons de Komodo et m'invente une vie au passage car si ces animaux sont bien présents, je n'en ai pas encore vu la couleur. Sur la route, quelques panneaux indiquent l'endroit le plus proche où se réfugier en cas de tsunami, tandis que je me fait doubler par des familles entières juchées sur leur scooter. J'ai pourtant vu de sacrées performances en Inde mais force est de constater qu'il y a concurrence. A part ça, je constate que le tunning a dépassé les frontières de Maubeuge et que les pratiques qui existaient à la cour du roi renaissent ici, en témoignent toutes ces locales qui se fardent de poudre blanche.

Peu de choses à dire finalement, puisque je n'ai encore véritablement exploré ce beau pays mais ça ne saurait tarder. En attendant, je profite chaque jour de la gentillesse des thaïlandais et du raffinement de leur cuisine.

Bref, en trois mots qui n'en font visiblement qu'un en thaï, ทั้งหมดเป็นอย่างดี.