Lundi, 16h, gare de New Delhi. Ca y est, je pars, je quitte l'Inde après y avoir passé 2 mois, c'est à dire bien plus que prévu. Ca n'est pas rien, deux mois, un été scolaire complet. Assurément pas assez pour étudier ce pays en profondeur mais suffisant pour s'y attacher et avoir envie de revenir. Comment résister à un bon dernier train, quelques 27 heures pour rejoindre Calcutta d'ou je m'envolerai pour Bangkok.

Je n'ai pas véritablement évoqué le système des trains en Inde, il est temps d'y remédier. Les trains indiens permettent de voyager plus ou moins confortablement selon la classe. La classe Sleeper, mon domaine, est la moins chère et s'organise ainsi : dans chaque wagon, une succession de "compartiments" ouverts, comprenant deux rangées de 3 couchettes superposées et perpendiculaires à la paroie, et deux autres couchettes collées à celle d'en face. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, toujours est-il que nous nous retrouvons à 8 dans ces quelques 10. Ici, pas de drap, chacun s'allonge à même le "matelas" qui est en fait une planche rembourée, sommaire mais pas inconfortable quand on a 24 ans. Les autres classes, 1AC/2AC/3AC (AC pour Air Conditionned) sont constituées de véritables compartiments fermés, comprenant respectivement 2, 4 ou 6 couchettes avec de vrais matelas, des draps et couvertures et des gens riches comme compagnons de voyage.

Il est donc 16h, mon train quitte New Delhi et je suis bien installée sur ma couchette supérieure. Quelques heures plus tard, je finis par descendre de mon perchoir, parce que 27h allongée a 60cm d'un plafond crasseux, c'est vite lassant, et on étouffe. Mes congénères ne parlent pas très bien anglais mais assez pour me poser les questions basiques, et même si la conversation s'essoufle vite, il y en a au moins une (cf le train en Chine). Il est temps de se dégourdir les jambes, j'ai appris à ignorer toutes ces têtes qui se tournent quand je traverse le wagon, c'est le lot de chaque touriste et je l'accepte. Au bout du couloir, un type a ouvert la porte et contemple le paysage qui défile pendant qu'un autre attend patiemment que se charge la batterie de son portable. On peut aussi en trouver qui élisent domicile devant la porte des toilettes, faute de place ailleurs, et que l'on doit enjamber pour pénétrer ces lieux d'aisance qui restent relativement propres quand on sait la fréquentation.

Je retourne à ma place pour assister comme d'habitude au ballet incessant des vendeurs en tout genre et particulièrement des garcons de thé qui annoncent leur venue en criant à tue-tête "tchai ! tchai !", alors je me laisse tenter, car non seulement je ne me lasse pas de ce thé masala mais en plus, ça le fait taire l'espace d'un instant. Un mouvement rapide attire mon oeil par terre, une souris passe et repasse à quelques dizaines de centimètres de mes pieds, je finis par ne plus y prêter attention et replonge dans mon livre, le récit d'un reporter francais qui s'est mis dans la peau d'un intouchable indien pendant plusieurs semaines, dormant dans la rue et mendiant pour se nourrir. Une expérience que je n'ai pas forcément envie de tenter.

Arrivéà la gare de Calcutta avec 3h de retard, ce qui reste honnête. Il fait déjà nuit, la circulation est dense et je cherche un auto rickshaw pour partir en quête d'une auberge mais constate qu'il n'existe ici que des voitures taxi. Je finis par trouver une place en dortoir dans un hotel minable pour l'équivalent de 1,5 euro. Mon matelas s'avère aussi dur que le sol mais pouvais-je espérer mieux à ce prix là ? Inutile de préciser que la nuit fut pénible et me fit prendre conscience que la parenthèse confort de Delhi était bel et bien derrière moi. Reveillée vers 5h par un chat errant qui saute de lit en lit, je me lève donc et pars pour l'aéroport sans attendre, pour une fois, je n'arriverai pas à la dernière minute...

Bref, l'Inde, c'est fini, mais tout va bien.


PS : mes excuses s'il manque des accents/cédilles et tout autre rameau des mots qui composent la langue française, mais ce clavier n'en contient aucun et j'ai du tout copier coller alors CA VA !